Les gardes-frontières suisses lui refusent une assistance médicale, elle perd son enfant

10.07.2014

Le tragique cas d’une Syrienne jette une lumière critique sur les pratiques des gardes-frontières suisses dans les refoulements de requérants d’asile vers l’Italie. Détenue à la gare de Brigue en vue de son renvoi en Italie par train, une femme enceinte de 7 mois a commencé à se plaindre de fortes douleurs et à saigner abondamment. Pendant quatre heures, elle et son mari ont demandé en vain une aide médicale au personnel de sécurité qui les accompagnait. À son arrivée à Domodossola, en Italie, elle a été hospitalisée d’urgence, mais le fœtus était déjà décédé. Selon le médecin italien qui s’est occupé du cas, l’enfant aurait peut-être pu être sauvé si des soins avaient été administrés plus tôt à la mère.

Cette famille faisait partie d’un groupe de 36 demandeurs d’asile interceptés à la frontière franco-suisse à bord d’un train en provenance de l’Italie. Les gardes-frontières suisses les ont escortés pendant le renvoi de Vallorbe à Domodossola. Une enquête interne sur l’incident serait en cours. Des actions judiciaires sont envisagées par la famille.

Cet épisode intervient un jour après les déclarations de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui a assuré que la Suisse était prête à soutenir l’Italie dans ses efforts d’accueil des réfugiés.

Avec ce cas et d’autres tel de celui de l’Érythréenne « Soraya », la Suisse s’érige pourtant en un des remparts inhumains d’une « Forteresse Europe » dépeinte dans un rapport d’Amnesty International paru le 8 juillet 2014.

Sources : SRF, Flüchtlingsdrama auf Schweizer Boden, 9.7.2014
Le Temps, Une Syrienne refoulée perd son enfant faute de soins, 10.7.2014
20minutes, « La Suisse a la mort de ma fille sur la conscience », 10.7.2014
Amnesty International, The human cost of Fortress Europe, 8 .7.2014

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