Selon les cantons, les requérants d’asile sont inégaux devant le droit de travailler

2.06.2014

L’accès au marché du travail pour les requérants d’asile n’est pas toujours facile : méfiance des employeurs face à un statut de séjour précaire, difficultés linguistiques, manque de formation sont autant d’obstacles à la recherche d’un emploi pour des personnes qui n’ont pas accès à des mesures d’intégration. Mais en dehors de ces difficultés structurelles, les statistiques de l’asile de ces dernières années dévoilent un sérieux écart entre les cantons : dans les Grisons, 1 requérant d’asile sur 3 travaille, tandis qu’à Berne cette proportion n’est que d’1 sur 50 et elle est totalement nulle dans le Jura. Il n’existe manifestement pas de lien entre ces chiffres et le taux de chômage dans ces cantons.

Selon un récent article paru dans Swissinfo, ces écarts sont plutôt le fait de politiques cantonales très disparates. En effet, après les trois premiers mois d’interdiction de travail qui suivent une demande d’asile, les cantons disposent d’une certaine marge de manœuvre en ce qui concerne l’octroi d’autorisations de travail aux requérants. Ainsi, si dans le canton des Grisons le chef de l’Office des migrations estime que ces personnes sont nécessaires à l’économie locale, à Berne les délais d’octroi d’un permis de travail pratiqués par le Service des migrations ont un effet clairement dissuasif pour les employeurs.

Or, comme le montre notre récent rapport Asile à deux vitesses, les personnes dont le besoin de protection est le plus manifeste attendent pendant des années une décision sur leur demande d’asile, restant ainsi durablement avec un statut de demandeur d’asile. Un accès difficile voire impossible au marché du travail limite sérieusement les perspectives d’intégration de ces personnes, qui sont pourtant vouées à rester en Suisse.

Source : Swissinfo, Pas tous égaux devant le droit de travailler, 1er juin 2014.