Renvois Dublin vers l’Italie : des conditions d’accueil très précaires

14.10.2013

Une délégation de l’OSAR s’est rendue du 27 mai au 7 juin 2013 à Rome et à Milan afin de rencontrer des ONG, les autorités et des réfugiés pour s’informer sur les conditions d’accueil de ces derniers. En effet, la majorité des transferts Dublin de la Suisse s’effectuant vers l’Italie (83,9%), un point sur la situation actuelle était nécessaire. L’organisation suisse affirme que l’Italie fait face à des « défaillances systémiques » et viole ses obligations internationales en ne respectant pas les normes élémentaires d’accueil de personnes dont le besoin de protection a été reconnu.

Les réfugiés reconnus n’ont accès à aucune assistance suite à un retour forcé depuis la Suisse. En effet, ces derniers ayant obtenu l’autorisation de travailler, ils ne reçoivent plus d’aide. Ils peuvent bénéficier du même régime d’aide sociale que les ressortissants italiens mais, les autorités comptant davantage sur le soutien du réseau familial, celui-ci est très peu développé et ne permet pas d’avoir accès à un minimum vital. Par ailleurs, la crise économique italienne rend impossible tout accès au marché de l’emploi pour cette catégorie de la population. Ainsi, les personnes concernées s’attèlent à satisfaire leur besoins les plus élémentaires (nourriture, abris) mais ne peuvent en aucun cas entamer un processus d’intégration.

Pour les requérants, l’État prévoit des centres d’accueil et des possibilités d’hébergement. Cependant, le nombre de places y est très restreint, les délais et listes d’attente sont très importants et la durée de séjour est limitée. De ce fait, un grand nombre de personnes, de familles ou de femmes seules se retrouvent sans abri ou dans des taudis. Inutile de dire que les conditions sanitaires y sont très précaires et les agressions sexuelles contre les femmes très fréquentes.

- Voir à ce sujet le cas de « Saba », victime de viols en Italie, documenté par l’ODAE romand.

Selon l’organisation, «  les Etats de l’UE et la Suisse doivent maintenant faire preuve de solidarité avec des pays tels que l’Italie, qui doivent gérer un nombre disproportionné de personnes en quête de protection. Si la politique européenne de cloisonnement continue à être perfectionnée, il ne restera plus que la voie dangereuse par bateau aux personnes pouvant prétendre à une protection. La honte de Lampedusa fustigée par le pape serait ainsi pérennisée ».

Sources : rapport de l’OSAR en allemand (traduction en français disponible dès décembre 2013), résumé du rapport, communiqué de presse de l’OSAR.